• 3-2

    Il secoua soudain la tête, pour sortir de sa torpeur. Il devait la ramener au plus vite.

       Près de la porte, un dossier marqué "Johanne Paresc" était posé sur un sac de voyage. Il le feuilleta rapidement et lâcha un juron rageur avant de fouiller le sac : des affaires de femmes, sûrement les siennes mais il n’avait pas le temps de l’habiller.

       Avec beaucoup de douceur, il enveloppa la jeune fille dans un grand drap de bain et la souleva dans ses bras. Elle lui sembla extrêmement légère pour sa taille.

    - Je vous en prie, restez en vie ! murmura Sham.

      Johanne ouvrit les yeux, en entendant cette voix inconnue et perdit connaissance, à la vue du masque hideux de son ravisseur.  Chargé de son fardeau, il descendit l’escalier de service et rejoignit la navette qui l’attendait sur le chantier.

    - Beau boulot, Sham ! l’accueillit Arkab.

     

    3-2

     

    - Il faut partir immédiatement. annonça Sham. Continue les missions qui nous ont été confiées et préviens le Conseil. Je pars avec la fille. Est-ce que mon vaisseau personnel est prêt ?

    - Il le sera dans moins d’une heure. Et ton copilote habituel est déjà à bord. C’est bien elle ? demanda Arkab en désignant la forme inerte entre ses bras.

      Sans un mot, Sham repoussa un peu la serviette qui enveloppait la jeune fille et son ami hocha la tête en découvrant le tatouage.

    - Va donc, mon ami. Tu as raison. Nous continuerons nos actions pendant que vous chercherez les informations détenues par Wendy. Crois-tu pouvoir lui faire confiance ?

    - Je ne sais pas, elle était déjà sans connaissance lorsque je suis arrivé. Mais je l’interrogerai pendant notre petit voyage.

    - Amalric l’a salement amochée… Ça plaide en sa faveur, non ? Et elle est sacrément jolie, aussi !

      Sham serra les dents.

    - Ça n’a aucun rapport, si elle est une espionne de l’Union, jolie ou pas, elle le regrettera amèrement… Je n’ai pas l’habitude de me laisser berner à cause de ce genre de préoccupations !

    - Ne t’énerve pas ! Si tu penses qu’elle est de notre bord, tu dois l’emmener sur Aïrys. Seule sa fille peut retrouver…

    - Je sais ! Ce serait un très bon moyen de vérifier si elle dit vrai ! Car après tout, n’importe qui peut s’offrir un tatouage en forme de dragon !

    - Tu es vraiment trop méfiant ! Bonne chance, vieux ! »

      Sham sourit et emmena la jeune femme toujours inconsciente à bord de son propre appareil.

    - Ah! Monsieur Sham ! Quelle joie de retravailler enfin avec vous et ce vaisseau ! Oh ! Mais vous n’êtes pas seul…

     

    3-2

     

    - Je suis heureux aussi, Galois ! coupa Sham. Peux-tu préparer la chambre de soins, s’il te plaît ?

    - Bien sûr, monsieur !

      L’androïde glissa jusqu’à la porte de la pièce et tapa un code sur le clavier. La porte s’ouvrit et Sham allongea doucement la jeune femme sur la couchette.

    - Je peux effectuer moi-même la procédure, si vous le souhaitez, monsieur ?

    - Non, Galois ! Je veux m’occuper d’elle personnellement ! Va plutôt chercher le sac de la demoiselle que le commandant Arkab a dû faire monter et prépare le vaisseau pour le départ.

    - J’y vais, monsieur ! »

      Plus touché qu’il ne l’aurait souhaité, Sham caressa le front trempé de sueur de sa passagère avant d’abaisser sur elle le scanner magnétique. Le rayon passa trois fois sur le corps inerte avant que l’écran donne son diagnostic.

     

    3-2

     

    Aucune fracture, de nombreux hématomes. Sham crispa les poings en lisant la suite. La jeune femme avait été violée à plusieurs reprises avant qu’il ne puisse intervenir. À l’aide de compresses désinfectantes, il essuya doucement toutes les traces laissées par la cruauté du colonel Amalric. Lorsque le corps élancé fut nettoyé de toutes les souillures, il attacha la jeune femme au lit, à l’aide des sangles médicales de manière à ce qu’elle ne tombe pas pendant le décollage. Lorsqu’il la recouvrit d’une fine couverture, elle se mit à rêver à haute voix.

    - Donatien ! murmura-t-elle. Venez ! Venez à mon secours ! Aidez-moi ! Donatien !

      Sham écarquilla les yeux, et se pencha pour étudier le visage crispé.

    - Monsieur Sham ? Tout est paré pour le départ !

    - J’arrive tout de suite !

      Sham s’installa aux commandes et fit décoller son appareil.

    - Où allons-nous, monsieur ?

    - Je ne sais pas encore, Galois. Pour l’instant, nous nous éloignons de Yperis.

    - Que pensez-vous de Aïrys, monsieur ?

    - Toi, tu as été programmé par Arkab ! Mais tu as raison. Nous allons aller directement sur Aïrys. »

     

    3-2

    Crédits pour l'hyper vitesse: artbooktuto

     

    Suite du chapitre 3


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  • 3-3

      Une forte secousse réveilla Johanne qui ouvrit les yeux. Elle cligna plusieurs fois des paupières avant de retrouver une vision nette. À son grand étonnement, elle ne reconnut pas sa chambre sur le chantier. Une petite pièce aux cloisons claires, avec des appareils électroniques… Elle s’aperçut soudain qu’elle était sanglée sur une couchette, avec un simple drap comme vêtement. Affolée, elle songea à Amalric qui devait se trouver dans les parages. Tout lui revint par flashes : l’arrivée des soldats de l’Union sur le chantier, l’interrogatoire violent de toute l’équipe, l’exécution en terminant par Loumé puis Hassan, la destruction du site et… l’interrogatoire que le colonel lui avait infligé. Il voulait être sûr qu’ils n’avaient rien trouvé. Elle était restée muette… Jusqu’à quand tiendrait-elle ?

     

    3-3

     

      Elle s’aperçut à sa grande surprise que ses bras étaient libres. Les liens se défaisaient sans problème. Sans hésiter, elle les enleva tous et se leva avec précaution, le corps endolori. Son sac avait été posé sur le sol, et elle se dépêcha d’en sortir quelques vêtements. Une fois habillée, elle poussa la porte qui s’ouvrit. Stupéfaite de n’être pas enfermée, elle longea la coursive et pénétra dans le poste de pilotage d’un vaisseau. Un homme qu’elle ne voyait que de dos était aux commandes. À ses côtés, un androïde vérifiait des données.

    - Allez-vous mieux, mademoiselle Paresc ? demanda le pilote sans se retourner.

    - Oui, je vous remercie ! répondit-elle, surprise. Ce n’était vraisemblablement pas Amalric ! Mais… Qui êtes-vous ?

      Sham se retourna, et elle laissa échapper un petit cri à la vue de son visage masqué de noir.

    - Pas très beau, n’est-ce pas ? ricana-t-il.

      Johanne baissa les yeux.

    - Je suis désolée, je ne m’attendais pas à… Seriez-vous le commandant Sham, le révolutionnaire ?

      Celui-ci hocha la tête.

    - Je vois que mon masque assure toujours ma notoriété ! Asseyez-vous ! Nous devons avoir une petite discussion, mais pour l’instant, j’ai à faire. »

      Subjuguée par le ton impérieux, la jeune femme obéit, anxieuse de ce qui allait se passer.

      Sham termina quelques réglages et confia les commandes à Galois avant de se tourner vers Johanne.

    - À nous deux maintenant. Nous avons quelques petits détails à tirer au clair.

    - Avant toute chose, je veux savoir où je suis et où vous m’emmenez…

    - Vous n’avez aucun droit à de telles exigences. Vous êtes à bord de mon vaisseau et vous y resterez jusqu’à ce que je vous autorise à en sortir.

    - Je ne comprends pas…

    - Vous pouvez vous considérer comme ma captive, si c’est ce que vous voulez savoir ! Une captive de choix, d’ailleurs !

      Elle écarquilla les yeux, surprise.

    - Captive ? Mais pourquoi ?

    - N’êtes-vous pas la maîtresse du colonel Amalric ? insinua-t-il. Après tout, je vous ai trouvée nue dans son lit !

      Johanne sentit son regard s’embuer de larmes. Voilà donc ce que cet homme valeureux pensait d’elle. Elle songea avec douleur que tout le monde penserait ça désormais. Que pouvait valoir sa parole contre celle de cet homme ? Sans répondre, elle baissa la tête.

     

    3-3

     

    - Vous ne dites rien ? J’ai donc touché juste ! triompha-t-il. À votre avis, combien payera-t-il pour vous retrouver vivante ?

    - Sans doute rien. murmura-t-elle, abattue.

    - Auriez-vous donc si peu d’illusions sur votre amant ? demanda-t-il d’un ton narquois. Mais derrière le masque, l’expression du visage était attentive. Pourquoi ne réagissait-elle pas ? Pourquoi ne se défendait-elle pas ?

    - Vous ne comprenez rien ! souffla-t-elle. Et je ne peux vous en blâmer. Il n’est pas mon amant. C’est le démon le plus terrible que j’ai jamais dû affronter !

    - Dans un lit ? Car le dossier qu’il avait constitué sur vous et que je lui ai dérobé est assez explicite ! Manifestement, vos qualités dans ce domaine le fascinent !

      Humiliée une fois de plus, Johanne releva la tête et ses yeux verts étincelèrent de fureur soudaine.

    - J’ai supporté de telles insultes de la part de ce sale porc, mais j’imaginais qu’un homme tel que vous avait un peu de courtoisie et de décence ! J’ai toujours mené ma vie comme je l’entendais ! Et pourquoi me blâmer d’avoir agi ainsi que la plupart des hommes ? Je prends mon plaisir où je le trouve.

    - Cela signifie-t-il que vous êtes, de votre plein gré, allée dans la chambre d’Amalric, où je vous ai trouvée ?

    - Salaud ! hurla-t-elle en se levant. Comment pouvez-vous… Je vous méprise ! Salaud !

      Elle semblait prête à le frapper. Il secoua la tête.

     

    3-3

     

    - Je ne vous suggère pas d’essayer. murmura-t-il. Vous êtes épuisée et j’ai pour habitude de toujours rendre coup pour coup. Vous n'avez aucune chance.

    - Alors, ne vous avisez plus de m’insulter !

      Il hocha la tête, un sourire narquois sur les lèvres.

    - Rasseyez-vous. Et tâchez d’être sincère lorsque vous répondrez à mes questions, car pour le moment, seul le fait que vous êtes la fille de Wendy Paresc vous maintient en vie.

    - Ma mère ! soupira la jeune femme, calmée par cette évocation. Ne pourriez-vous pas tous vous souvenir que j’avais sept ans quand elle est morte ? Je ne sais rien d’elle ! Amalric m’a tenu des propos de ce genre, ce qui me conforte dans mon idée. Qu’ils soient de l’Union ou de la Révolution, les hommes sont exactement les mêmes, assoiffés de pouvoir et de domination. murmura-t-elle avec amertume. Alors ? Qu’allez-vous faire de moi maintenant ? M’emmener dans votre chambre dans le but avoué de me punir et de me guérir de mes insolentes révoltes ? Vérifier si je suis au niveau de ma réputation ? Faire de moi votre petite putain domestique dévouée ? lança-t-elle, se souvenant avec acuité des termes employés par Amalric. Je me demande juste quel chantage vous allez essayer d’exercer sur moi. Car Amalric bénéficiait au moins du pouvoir de me déporter sur la planète grise… Et vous ?

      Sham cessa de sourire, comprenant la révolte de la jeune femme. Ses paroles reflétaient bien ce qu’il avait trouvé dans le dossier d’Amalric. Mais il avait peur. Peur de se laisser tromper par ce regard anxieux qui lui rappelait un visage du passé. Peur de faire confiance à une inconnue. Venegas était des leurs depuis tant d’années et il les avait trahis froidement. Alors cette fille qui tombait quasiment du ciel…

    - Qui est Donatien ? demanda-t-il soudain.

      Johanne blêmit.

    - Je ne sais pas de quoi vous parlez !

    - Vous mentez, Johanne Paresc !

    - Vous êtes encore plus dangereux qu’Amalric ! lâcha-t-elle d’une voix étranglée. Vous avez accès à ma mémoire ! Comment savez-vous ça ? Comment pouvez-vous avoir l’impudeur de vous immiscer dans la seule intimité qui reste aux gens ?

      Sham comprit qu’il avait touché un point sensible pour la jeune femme. S’il ne voulait pas s’en faire une ennemie, il devait lui expliquer.

    - Ne vous affolez donc pas ! Je n’ai pas accès à votre inconscient ! J’ai simplement entendu des mots prononcés dans un rêve, lorsque je vous ai installée à bord ! Vous gémissiez et appeliez ce Donatien à votre secours. Je veux savoir qui il est et s’il risque de me mettre en danger ! C’est un sbire d’Amalric ?

      Johanne baissa la tête. Lorsqu’elle le regarda de nouveau, les larmes roulaient sur ses joues.

     

    3-3

     

    - Ce Donatien n’existe sans doute pas ! murmura-t-elle. Lorsque j’avais sept ans, dans un parc, j’ai rencontré un jeune homme qui pleurait. Ma maman venait de me raconter Peter Pan une très ancienne pièce de théâtre pour les enfants. Alors j’ai emprunté les mots de la pièce pour lier conversation avec lui et le consoler, comme faisait l’héroïne de la pièce avec le héros. Il devait avoir une vingtaine d’années. Et il s’appelait Donatien. Il a accepté mon cadeau, un lapin en peluche bleue, il m’a donné un baiser sur la joue et il est parti, un peu consolé. Sans doute aujourd’hui vit-il heureux sur une planète, et a-t-il oublié la petite fille et son cadeau, mais il n’en est pas de même pour moi. Ma mère est morte peu après. J’en ai fait mon ange gardien, je l’ai idéalisé. C’est une projection de mon imagination, qui réapparaît dès que j’ai des ennuis, et que j’ai besoin d’un soutien que personne de réel ne peut m’apporter.

      Elle sursauta soudain, et dans son regard durci se mit à briller une lueur dangereuse.

    - Vous êtes la seule personne de cette galaxie à connaître cette histoire. Si jamais quelqu’un d’autre devait en être informé, je vous tuerai, tout commandant Sham que vous soyiez !

      Sham se leva.

    - J’en ai terminé avec vous pour aujourd’hui, Johanne Paresc.

     

    3-3

     

      Il l’attrapa par le bras et la ramena de force dans la pièce où elle s’était réveillée. Il la poussa doucement à l’intérieur avant de verrouiller la chambre.

    - Ne m’enfermez pas ! cria-t-elle en frappant la porte de ses poings. Je vous ai dit la vérité ! »

      Sans répondre, il s’éloigna vers la seconde cabine et s’assit, l’esprit bouleversé par ce qu’il venait d’entendre.

    « Wendy Moïra Angela Darling, Johanne ! » murmura-t-il.

     Sur la commode, le lapin bleu le regardait d’un air pensif. Quinze années standard… Il avait une dette envers cette enfant devenue femme. Sans elle, il se serait tué cet après-midi-là, assommé par le désespoir, dans le parc. Il enleva précautionneusement le masque qui dissimulait la moitié de son visage et passa un doigt sur la fine cicatrice qui descendait de son œil jusqu’à la pommette. Il avait depuis longtemps recouvré l’usage complet de cet œil, mais ce masque hideux, utile jadis pour protéger la blessure servait maintenant à cacher son identité. Le fils gentil et naïf de Moïra Genery n’existait plus. Seul un révolutionnaire sans pitié et avide de vengeance nommé Sham s’était évadé de la planète grise pour rejoindre les mouvements contestataires.

     

    3-3

     

      Sauf lorsqu’il regardait le lapin bleu. Alors la petite fille surgissait de sa mémoire et lui demandait « Petit garçon, pourquoi tu pleures ? ». Un court instant, l’idéaliste Donatien Fox-Genery revenait, mais Sham reprenait vite le dessus. Les paroles révoltées, les accusations de la jeune femme avaient touché leur cible. Il n’aimait pas ce qu’il était devenu mais il n’avait pas eu le choix. Il posa la main sur la peluche bleue qu’il dissimula dans son placard. Il remit son masque pour rejoindre l’androïde.

    - Quand arriverons-nous sur Aïrys, Galois ?

    - Demain matin, nous y serons monsieur.

      Sham hocha la tête et reprit les commandes. Il avait pris sa décision. Johanne Paresc était sincère. Il la mènerait jusqu’au sanctuaire de sa mère. Néanmoins, il ne lui causerait aucun chagrin en lui montrant ce que “son” Donatien était réellement. Il n’avait pas le droit de détruire son rêve.

    Chapitre 4


    Bonne année à tous et bonne santé. Que 2013 vous soit propice!

    Pour moi, j'ai pris de bonnes résolutions: je ne plus massacre complètement mes personnages féminins... Oui, bon, l'Union est une histoire que j'ai écrite il y a au moins 5 ans, donc ça ne compte pas!

    A part ça, voilà la première deuxième rencontre entre Han et la princesse euh non, entre Johanne et Sham/Don. La confiance règne, n'est-ce pas. Et comme tout gars qui se respecte, môssieur est plein de tact. (non, non, je ne fais pas de sexisme, pas du tout!)

    Je sens que certain(e)s vont râler: pour une fois qu'on voit le Sham sans masque, ce n'est pas un gros plan. Alors en fait, si on compte que je lutte avec la rentrée scolaire, 4 gastro depuis 3 jours (la mienne, celle de mon chéri et celle des 2 gamins), que mon ordi a planté juste après la dernière photo de cette maj, vous supporterez bien une petite attente encore un peu, n'est-ce pas? (Edit: j'ai mis à jour ma rubrique Portraits si vous voulez le voir de plus près)

    Sinon, je me suis rendue compte que dans mon intro, j'avais oublié de citer ma toute première inspiration en matière de ScienceFiction, bien avant le Starwars: Yoko Tsuno et son créateur Roger Leloup. Une bonne part du background technique en est fortement inspiré.

    Sur ce, merci de continuer à lire ma petite histoire et portez-vous bien! (sans gastro: elle est rudement maléfique cette année)

    Bises

    Koe

    PS: N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour être tenu au courant des mises à jours!


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  • 4-1

      Le lendemain matin, il pénétra dans la chambre sans faire de bruit. La jeune femme dormait paisiblement. Elle s’étira longuement lorsqu’il éclaira la lumière.

    - Auriez-vous été un chat dans une vie antérieure ?

     

    4-1

     

      Elle sursauta en prenant conscience de sa présence. Elle le regarda avec méfiance et un peu de crainte aussi. Il posa un plateau sur la table de chevet.

    - Restaurez-vous un peu. Rejoignez-moi quand vous serez prête."

      Il sortit sans verrouiller la porte, à son grand étonnement. Elle se dépêcha de se préparer.

    - Bon, avez-vous décidé ce que vous allez faire de moi, commandant Sham ? demanda-t-elle en s'installant à côté de lui.

      Il lui sourit.

    - Vous faire confiance, Johanne.

      Elle écarquilla les yeux, avant de partir dans un grand éclat de rire. Sa fatigue évanouie après une bonne nuit de sommeil, elle se sentait prête à en découdre.

    - Vous voulez me… me faire confiance ! hoqueta-t-elle. C’est vous qui parlez de me faire confiance ? Vous inversez les rôles, me semble-t-il !

     

    4-1

     

      Donatien réprima son agacement.

    - Je fais partie de la Révolution. Lorsque je vous ai trouvée, vous étiez dans le lit d’un suppôt de l’Union. Vu sous cet angle, vous comprendrez que les termes que j’ai employés étaient tout à fait adéquats.

    - Tiens donc ! Peut-on savoir ce qui vous a fait changer d’avis ?

    - Je n’ai pas changé d’avis ! se récria-t-il. Au départ, je n’avais pas d’opinion préconçue. Vous avez simplement réussi à mes yeux le test qu’était notre entretien d’hier soir. Votre franchise vous a sauvée… À moins que vous ne soyez sacrément bonne comédienne ! Mais je vous laisse le bénéfice du doute.

    - Monsieur est trop bon ! ricana-t-elle.

    - La seule question qui nous reste à débattre c’est de savoir si vous acceptez de travailler avec moi ? 

    - Si je refuse de travailler pour vous, que m’arrivera-t-il ? s’enquit-elle, narquoise.

    - Je n’ai pas dit POUR moi, mais AVEC moi ! Si vous refusez, je vous dépose avec votre sac sur la planète de votre choix. Et vous ne me reverrez plus jamais.

    - Comment ? Pas de menaces ? ironisa-t-elle. Pas de choix entre la mort et votre service ?

    - Ça suffit Johanne ! s’impatienta-t-il. Je ne suis pas Amalric. Alors faites votre choix rapidement, je n’ai pas envie que cette discussion s’éternise.

    - Avant d’accepter, j’aimerai connaître la teneur du travail que vous me proposez.

    - Vous ne le saurez que si vous acceptez. Mais je vous fais le serment qu’il ne porte pas atteinte à votre pudeur, ni à votre honneur. ajouta-t-il en voyant la lueur de mépris coléreux dans ses yeux.

      La jeune femme s’apaisa.

    - Si je refuse, j’ai quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent de retomber entre les griffes du colonel Amalric. murmura-t-elle. Tandis qu’en travaillant pour vous… Trêve de réflexion. J’accepte votre job !

    - J’en suis heureux ! sourit Sham et Johanne songea qu’elle aimerait bien découvrir si ce sourire se prolongeait dans son regard.

     

    4-1

     

    - Quel âge avez-vous ? demanda la jeune femme à brûle-pourpoint.

      Sham sursauta.

    - Trente-trois ans. Mais je ne vois pas en quoi cela vous regarde.

    - En rien ! approuva-t-elle, blessée par son ton sec. Grâce au dossier d’Amalric vous savez tout de moi, je voulais juste rétablir un peu l’équilibre.

    - N’êtes-vous pas plutôt curieuse de ce que vous aurez à faire ?

    - Si vous voulez que je travaille pour vous, il faudra bien que vous m'expliquiez, non ?

      Sous son masque, Sham leva les yeux au ciel.

    - Votre travail ne différera pratiquement pas de celui que vous faisiez avec Hassan. Sauf que vous saurez ce que vous cherchez réellement.

      Johanne pâlit lorsqu’il prononça le nom de l’archéologue. Ses yeux s’emplirent de larmes.

    - A-t-il… A-t-il survécu ? demanda-t-elle d’une voix étranglée. Et Loumé ?

      Surpris, Sham secoua la tête.

    - Malheureusement, Loumé était déjà morte lorsque je suis arrivé. Hassan n’a résisté que quelques minutes, juste le temps de m’envoyer vous chercher. Il avait confiance en vous.

     

    4-1

     

      La jeune femme se mit à pleurer doucement.

    - C’est ma faute si Amalric les a tués ! Je me sens tellement coupable ! Si j’avais refusé cette offre de travail, si j’étais restée sur Rhyway, ils ne seraient pas morts ! Si je n’avais pas imploré Amalric de ne pas leur faire de mal, et de ne pas détruire le site archéologique, peut-être n’aurait-il pas donné cet ordre affreux !

      Elle se cacha la figure dans les mains.

    - Arrêtez, Johanne ! coupa Sham. Quoi que vous ayez fait, Amalric ne les aurait pas laissé vivre. Ils étaient suspects ! Hassan et Loumé savaient ce qu’ils risquaient. Ils ont refusé d’être évacués. Mais nous n’avons pas le temps de les pleurer. Pas maintenant.

    - Je suis désolée. murmura-t-elle en essuyant ses larmes d’un geste brusque.

    - Je vais vous expliquer ce que sera votre travail. Il vous faudra étudier et recouper tous les documents découverts par Hassan cette fois et lors de missions précédentes.

    - Hassan a pu vous les transmettre ? Amalric était si sûr d’avoir tout fait sauter !

    - Hassan est… était plus malin et résistant qu’Amalric pouvait imaginer. Il tenait plus à notre cause qu’à sa propre vie. Nous recherchons des indications qui nous permettraient de retrouver une flotte. La plus grande jamais construite. Des vaisseaux de guerre puissants, perdus il y a cinq cents années standard.

    - Vous cherchez réellement de la Flotte Royale ! souffla la jeune femme abasourdie. Celle envoyée par le souverain Majan Valinë hors de notre galaxie ?

      Sham hocha la tête.

    - Selon la légende, ils étaient partis à la recherche de l’ancienne Terre d’où l’espèce humaine serait issue. continua-t-elle, rêveuse. Croyez-vous vraiment qu’il s’agit de faits réels ?

    - En tout cas, Wendy Paresc y croyait dur comme fer. Elle recherchait des preuves et des indications et les réunissait dans l’espoir de la retrouver. Wendy savait qu’elle était surveillée, et en perpétuel danger. Elle a caché tout ce qu’elle avait trouvé dans un ancien centre militaire datant aussi de la période Valinë dont personne ne connaissait l’emplacement, sauf vous, et sa meilleure amie, Moïra Genery.

    - Mais je ne connais pas cet endroit ! s’affola-t-elle.

    - En êtes-vous sûre ?

     

    4-1

     

      “Sur une planète froide comme neige… commença-t-il à fredonner.

    - Un bloc de cailloux baptisé Aïrys

      Se cache la clef de mon plus beau rêve… continua-t-elle.

      Comment connaissez-vous cette comptine ! C’était maman qui me l’avait apprise !

    - Wendy Paresc ne laissait jamais rien au hasard. Nous arriverons sur Aïrys dans environ une heure. Il y a autre chose que je souhaiterais vous demander…

    - Quoi donc ?

    - Votre tatouage, le dragon vert… Il faudra que je l'étudie…

      Johanne recula brusquement comme si un serpent l’avait piqué, et son regard s’assombrit.

    - N’y comptez surtout pas ! grinça-t-elle.

      Sous l’orage des prunelles vertes, Sham fit machine arrière. Elle semblait tellement sûre d'elle, sans cesse à le défier et le provoquer, qu'il en avait oublié le traumatisme qu'elle venait de vivre.

     

    4-1

     

    - Je vous en prie, excusez-moi. Je ne voulais pas vous blesser. »

      Elle détourna le regard et la fin du trajet s’effectua dans un silence glacé.

     

    Suite du chapitre 4


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  • 4-2

      Le vaisseau de Donatien finit par se poser sur Aïrys. Comme dans la comptine de Wendy, la planète semblait n’être qu’un tas de cailloux gelés, sans aucune trace de vie. Sham donna un masque respiratoire muni d’une radio à la jeune femme et en fixa un sur son visage. Il la conduisit ensuite directement à l’entrée d’une grotte dissimulée dans une gigantesque falaise en granite. Il lui désigna une petite niche.

    - C’est vous qui êtes le sésame, Johanne. expliqua-t-il. Vos yeux et vos mains. Pour être plus précis, ce sont vos doigts, et votre empreinte rétinienne qui feront le travail !

    - Que dois-je faire ?

    - Placez vos yeux devant les oculaires, et vos mains sur le côté, comme ceci.

     

    4-2

     

      Avec douceur, il guida les mains de la jeune femme aux emplacements prévus. Une lueur verte éclaira une fraction de seconde les deux humains, et une porte grise dissimulée dans la roche s’ouvrit sans un bruit.

    - Vous êtes réellement la fille de Wendy Paresc ! soupira Sham avec soulagement.

    - Vous en doutiez encore !

    - J’ai subi dans ma vie suffisamment de déboires et de trahisons en tout genre pour avoir appris à me méfier. Vous auriez très bien pu avoir pris la place de cette fille. Se faire tatouer un dragon vert dans le dos ne pose sans doute aucun problème, surtout lorsque personne n’a jamais vu ce tatouage excepté Wendy. Maintenant, j’ai la preuve formelle que vous êtes bien sa fille… Cependant, si je dois être tout à fait honnête, je ne sais pas encore si vous êtes sincère.

    - Que voulez-vous dire ? s’enquit-elle d’une voix dangereusement calme.

    - La cruauté d’Amalric est sans bornes. Il est tout à fait capable d’avoir perverti l’esprit de l’enfant de sa pire ennemie, pour s’en venger. Pour l’instant, rien ne me permet d’accréditer cette hypothèse, mais je ne l’oublie pourtant pas. Si jamais elle se vérifiait, sachez que je vous exécuterai sans hésiter ! Et ce serait douloureux !

      Le regard de la jeune femme devint impénétrable. Elle comprenait qu’il avait raison, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain dépit à cause de cette méfiance. Elle aurait tellement aimé qu’il la croie sur parole !

    - Entrez maintenant ! ordonna-t-il.

    - Vous ne me suivez pas ?

    - Je ne sais pas ce que votre mère vous a légué. Il y aura sans doute un message personnel, et je ne pense pas que vous acceptiez de le partager avec quiconque, et surtout pas avec moi ! Si vous avez le moindre problème, vous criez, et j’arriverai immédiatement. Allez-y !

      Johanne se raidit. La méfiance du révolutionnaire devenait contagieuse.

    - Une petite minute, monsieur le commandant de je ne sais trop quoi ! Comment connaissez-vous l’emplacement de cet endroit, si seules ma mère et moi…

    - Une troisième personne était au courant, Moïra Genery. Elle m’a révélé ce secret avant de mourir. Êtes-vous satisfaite ?

    - Oui, mais pas rassurée à votre sujet.

     

    4-2

     

     

    Suite du chapitre 4


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  • 4-3

      La jeune femme haussa les épaules et franchit la porte. Un grand escalier taillé dans la roche grimpait dans l’obscurité. Elle éclaira la lampe de sa combinaison, et entama l’ascension.

     

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    Après environ deux cents marches, elle se trouva face à une seconde porte munie d’oculaires. Comme en bas, elle approcha ses yeux et ses mains, et la porte s’ouvrit.

      « Bonjour, Johanne Paresc ! Et bienvenue auprès du Dragon de feu le vaisseau de Wendy Paresc, ta mère. Tu t’es fait attendre, dis-moi ! »

      Johanne sursauta, et regarda tout autour d’elle. Il n’y avait manifestement personne.

    - Où êtes-vous ? Qui êtes-vous ?

    - Tu ne sais pas ? Il est vrai que tu étais bien petite la dernière fois. Viens me rejoindre ! A l’intérieur, tu pourras enlever ce respirateur.

    - Montrez-vous donc !

      A ces mots, une grande lumière s’éclaira, dévoilant la gigantesque structure du “Dragon de feu”, un croiseur interstellaire rutilant.

     

    4-3

     

    - Je suis le Dragon de feu. expliqua la voix. Je suis à la fois la mémoire et le pilote du Dragon. Monte à bord, Johanne. Ta mère a envoyé un message pour toi il y a de cela onze ans.

      La jeune femme se décida.

    - Par où puis-je entrer ?

    - Viens !

      Dans la carlingue du vaisseau, une porte se découpa, et une échelle métallique descendit jusque devant elle. Sans se poser de question, elle grimpa à bord et sursauta lorsque la porte claqua derrière elle.

    - Eh !

    - Ne t’inquiète pas ! Tu es dans un sas. Je fais entrer l’air, pour que tu puisses respirer sans ce masque.

      Au bout d’une minute, un voyant vert s’alluma et une porte s’ouvrit.

    - C’est bon ! Enlève-le.

      Johanne obéit et la voix la conduisit jusqu’à une salle de contrôle.

    - Assieds-toi devant l’écran central ! fit la voix. Je t’envoie le message.

      La jeune femme s’installa dans le fauteuil et ouvrit grand les yeux lorsqu’une image apparut devant ses yeux, celle d’une femme d’une quarantaine d’années qui lui ressemblait beaucoup, manifestement épuisée, et terrorisée.

     

    4-3

     

    « Johanne, ma petite fée, je n’ai que très peu de temps pour t’expliquer tout ce que tu dois savoir. On vient juste de t’enlever à moi. Je t’ai vue, il y a une heure, sangloter dans les bras d’une inconnue, parce qu’on t’avait annoncé ma mort. À quelques heures près, on ne t’aura sans doute pas menti, car il va me trouver… Il y a plusieurs choses que tu dois absolument savoir. Je ne suis pas réellement musicienne. Je fais partie de la résistance contre l’Union. Je suis une ennemie du pouvoir de Lutham Calv, c’est pour cela que Cal Amalric veut me tuer. Je veux te dire… Ton père… Je t’ai toujours affirmé que j’ignorais son identité, mais je te mentais. Si tu en as souffert, je t’en prie, pardonne-moi. Il m’était impossible de dévoiler nos liens, car cela aurait causé sa perte. Son importance était trop grande pour notre cause. Il t’a reconnue, même si ce n’est pas officiellement. Il souffre de ne pas t’avoir auprès de lui. Il s’appelle Jean-Loup Montjoie. Il est scientifique, astrophysicien. Tu as aussi un demi-frère, le fils que Jean-Loup a eu de sa première femme. Camille Montjoie avait quinze ans quand tu es née. Il faut que tu prennes contact avec Jean-Loup ! Il faut aussi que tu trouves le chercheur Hassan Kharizmi et le fils Moïra Genery. Il se nomme Don Fox. C’est lui qui possède la moitié du code qui vous permettra d’avoir accès à toutes les informations que renferment les ordinateurs de ce vaisseau. Ce sont les résultats de toutes nos recherches. Mettez-les en commun avec celles de Jean-Loup et de Hassan. Et… si tu peux retrouver Jean-Loup, dis-lui qu’il avait raison, et que je n’ai jamais cessé de l’aimer… Oh ! J’oubliais ! Ta partie du code. C’est ton tatouage, ma chérie. C’est ta clé pour débloquer les mémoires des ordinateurs. Lorsque tu auras trouvé Don Fox, tu devras le laisser lire les codes entrelacés dans les écailles de ton dragon. Mis bout à bout avec celui qu’il détient, il vous donnera accès à toute la mémoire. Le pilote automatique du Dragon de feu t’apprendra tout ce que tu dois savoir sur ce vaisseau qui t’appartient désormais. Fais-en bon usage. Et prends garde à ce que ta route ne croise jamais celle de Cal Amalric. Fuis-le toujours, car il risque de se venger sur toi de ce que je lui ai fait. Johanne, en souvenir de moi, continue la lutte que je menais ! »

       L’écran de l’ordinateur s’éteignit, et Johanne resta silencieuse un long moment. Voir sa mère lui parler ainsi était une terrible expérience qui réveillait en elle le chagrin qu’elle avait eu du mal à endiguer lorsque Wendy était morte. Et puis, les informations reçues étaient très difficiles à assimiler. Son père était peut-être encore vivant, quelque part dans l’univers, et elle avait sans doute un demi-frère aussi…

    - Johanne ! appela la voix électronique. Ton rythme cardiaque est anormalement élevé. Que t’arrive-t-il ?

    - Je suis sous le choc ! souffla-t-elle.

    - Quelqu’un t’attend dehors, devant le vaisseau. Il semble inquiet.

    - J’ai les jambes coupées. Dis-lui de me rejoindre, s’il te plaît. Il s’appelle Sham, le commandant Sham.

      Quelques minutes plus tard, Donatien la rejoignit, ébahi.

    - Bon sang ! Cet appareil est gigantesque ! s’exclama-t-il avant de découvrir le visage blême de la jeune femme. Johanne ! Que vous est-il arrivé ?

    - Ma mère est morte depuis des années, et je viens de la voir me parler, grâce à un enregistrement fait par cet ordinateur. Cela me trouble presque autant que les révélations qu’elle m’a faites… Mais ce n’est pas primordial ! se secoua-t-elle. Ma mère m’a confié deux missions qui passent bien évidemment avant votre fameux travail, commandant Sham. Tout d’abord je dois trouver Jean-Loup ou Camille Montjoie. Et ensuite, je dois prendre contact avec un certain Don Fox, le fils de Moïra Genery. Vous m’avez parlé d’elle à plusieurs reprises. Connaissez-vous ce Don ?

      Sham fut soulagé que son horrible masque cachât son visage pâle et surpris.

    - En effet, je connais Don Fox. murmura-t-il. Et je vous conduirai à lui. Mais que voulez-vous à Montjoie ?

    - Lui donner un message de ma mère.

    - Jean-Loup Montjoie est un homme qu’il ne faut pas compromettre. Je vais vous emmener auprès d’Arkab. Nous déciderons ensemble si nous pouvons prendre le risque d’organiser une rencontre avec Jean-Loup. Allons, venez !

    - Mais, que vais-je faire de ce vaisseau ? Il est tellement grand qu’il ne peut pas passer inaperçu !

    - Si vous me permettez ce conseil, je pense qu’il vaudrait mieux qu’il reste dissimulé ici. dit Sham. Il faudra de toute façon revenir pour retrouver les documents de votre mère.

    - Lorsque nous aurons trouvé Don Fox, uniquement ! rectifia-t-elle. Vous avez raison. Dragon ?

    - Oui, Johanne ? fit la voix synthétique.

    - Il faut que je parte. Peux-tu t’assurer que personne n’entre ici ?

    - Évidemment ! Cet endroit a été conçu justement pour ça par ta mère. Je refermerai le sas derrière toi quand tu seras partie, et seules tes empreintes digitales et rétiniennes pourront me faire ouvrir la porte.

      Johanne hocha la tête, et sembla réfléchir.

    - C’est quand même dangereux… Dragon, peux-tu programmer l’ouverture pour quelqu’un d’autre ?

    - Si tu connais ses empreintes digitales et rétiniennes, c’est sans problème.

    - Commandant Sham ? fit la jeune femme.

      Donatien la regarda avec étonnement et elle rougit.

    - Vous êtes un des chefs de la résistance. Enfin, je le crois, et le fait que vous m’ayez emmenée ici me le confirme… Je pense que je n’ai pas d’autre choix que celui de vous faire confiance. S’il m’arrivait quelque chose, il faudrait qu’au moins vous puissiez utiliser ce vaisseau. expliqua-t-elle en évitant de croiser son regard.

    - Malgré tout ce que je vous ai dit, vous me faites confiance ! Et malgré ce masque qui me dissimule !

    - Je me demande bien quel pourrait être le rapport avec votre masque ! Vu sa nature, je pense qu’il est médical. Il n’influe en rien sur le jugement que je peux porter sur vous ! Quant à vos paroles… Vous vous méfiez de moi. Mais moi, je n’arrive pas à me méfier de vous. Je sais que vous ne voulez pas vous faire berner par la “putain” d’Amalric. Je ne m’attends pas à ce que vous me croyiez, mais bon sang, voulez-vous que ce vaisseau puisse servir votre révolution ?

     

    4-3

     

      Pris au dépourvu, Sham hocha la tête.

    - Peux-tu prendre ses empreintes, Dragon ?

    - Approchez-vous du clavier, commandant ! ordonna la voix. Positionnez-vous correctement face aux oculaires… C’est fini.

     

    Chapitre 5


      Salut tout le monde!

      Voilà la suite qui vient enfin. J'étais complètement bloquée par l'illustration de cette fichue scène. Et je ne suis pas satisfaite, mais tant pis. (Si Oeil-de-lynx passe par là, mes deux spationautes respirent sans masque, je n'ai rien trouvé qui me satisfasse...)

      Sinon, j'ai rajouté un menu "Personnages", n'hésitez pas à aller voir de plus près la bouille de chacun d'entre eux! Cette fois, j'ai rajouté Wendy, qu'on voit mal sur l'écran.

      J'espère que ça vous a plu!

    Merci pour vos commentaires, ça fait toujours bien plaisir!

    Bisous

    Koe

     


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